Analytics

Nombre total de pages vues

Pourquoi les femmes pensent qu'elles sont grosses ?

Même la femme la plus mince se place de temps en temps devant le miroir et demande : "Cette robe ne me grossit-elle pas ?". Selon une étude [1], les maris ou compagnons harcelés par leur conjointe, pour qu’ils la rassurent, pourraient en réalité répondre à quelque-chose de plus complexe qu’une simple anxiété irrationnelle.
Des scientifiques ont découvert que l’image du corps qu’une personne projette dans son propre cerveau est "massivement distordue", et sa largeur peut être augmentée des deux tiers qu’il n’est en réalité. Selon l’étude de l’Université de Londres, le propre "modèle de corps" du cerveau est aussi environ un tiers plus petit que ce qu’est réellement le corps.
Les chercheurs pensent que les résultats pourraient expliquer pourquoi les femmes qui sont minces, et qui se regardent dans le miroir, se voient elles-mêmes comme grosses. Ils pourraient aussi expliquer la cause de certains désordres alimentaires.
L’effet pourrait être plus prononcé chez les femmes car elles tendent à être plus sensibles à l’apparence de régions particulières de leurs corps, disent les chercheurs.
Le Dr Michael Longo, le neuroscientifique qui a dirigé l’étude, déclare : "ces résultats pourraient être pertinents pour les conditions psychiatriques qui impliquent l’image du corps comme l’anorexie, car il pourrait y avoir un biais général de la perception du corps vu comme étant plus large que ce qu’il est en réalité."
"Certaines personnes regardent dans le miroir et reçoivent une information qui leur dit qu’ils ne sont pas gros, mais ils ne peuvent pourtant pas utiliser cela pour imposer leur modèle de corps déformé et le croire."
Les chercheurs ont dirigé l’étude en demandant aux participants de placer la paume de leur main gauche sous une planche, et puis de juger la localisation de 10 "points de repères" comme leurs articulations des mains et les bouts des doigts.
Leurs estimations étaient alors utilisées pour créer une "carte" de l’image de la main par le cerveau, qui a été comparée à sa taille et forme réelles. La distance entre l’index et le pouce a été estimée être en moyenne 69% plus large que la taille réelle des mains des participants.
La longueur des doigts a été jugée 27,9% plus courte en moyenne que leur véritable longueur. Les scientifiques pensent que la distorsion provient du nombre de signaux sensoriels qui sont envoyés des différentes parties de la peau vers le cerveau.


Le modèle de la main déformé du cerveau pourrait être extrapolé au reste du corps, tout spécialement aux parties qui ont une "forte sensibilité tactile" dit le Dr Longo. Le modèle du corps surdimensionné pourrait être particulièrement exagéré chez les femmes qui sont anxieuses et qui ont peur que certaines parties de leur corps, comme leurs cuisses ou estomac, soient trop grosses, dit-il.
"Il est sans doute possible qu’il puisse y avoir des situations dans lesquelles ces perceptions implicitement déformées que nous avons observées puissent dominer l’image cérébrale et dans la conscience, où elles pourraient affecter explicitement la façon dont une personne voit son propre corps" dit-il.
Curieusement, les participants auxquels on a montré des images de différents "modèles" de mains étaient en général capables de faire correspondre leur propre main à une autre de même taille. Les chercheurs pensent que cela montre que les gens ont une image visuelle précise de leur propre corps, mais sont toujours incapables d’utiliser cette information pour dépasser le "modèle du cerveau" qui leur dit qu’ils sont plus gros.
"On sait depuis longtemps que les gens ont une image déformée de leur corps, avec des régions avec une sensibilité hautement tactile qui est énormément exagérée. Mais précédemment, il avait été seulement supposé que les individus pouvaient utiliser une représentation précise de leurs corps pour leur sens de la position dans l’espace" dit le Dr Longo.
"Cette étude a montré qu’ils n’étaient pas capables de le faire, ce qui pose des questions à propos de ce qu’ils sont capables de faire pour aller outre les modèles cérébraux déformés avec une représentation visuelle précise d’eux-mêmes.

1 commentaire:

sylvie weiselfisz a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.